Valeria Medina, neuropsychologue de NeuronUP, explique ce dont le cerveau a besoin pendant les vacances et comment reprendre le travail de la manière la plus sûre possible pour notre cerveau.
Le stress professionnel continu affaiblit le contrôle des fonctions exécutives et sature la mémoire de travail, réduisant l’efficacité attentionnelle. Les vacances offrent une occasion de récupération cognitive durant laquelle le détachement psychologique et le repos activent le réseau du mode par défaut (DMN), processus essentiel à la consolidation de la mémoire et à la restauration des ressources cérébrales. Dans cet article, nous examinons les bases neurobiologiques de la fatigue mentale, du burnout et du syndrome post-vacances, en proposant des recommandations fondées sur les données scientifiques pour gérer la charge cognitive lors d’une reprise progressive et durable du travail.
De la fatigue mentale à la récupération cognitive
La sensation d’arriver en vacances avec la tête pleine repose sur une réalité identifiable. Après des mois d’e-mails, d’interruptions, de multitâche et de décisions successives, il est fréquent d’avoir plus de mal à se concentrer, de devoir relire une tâche ou de connaître de petits oublis. Les données établissent un lien entre le stress professionnel et, probablement, les journées prolongées et un moins bon fonctionnement cognitif, même si l’effet dépend du type de travail et de chaque personne (Bufano et al., 2024).
Compte tenu de ce qui précède, les vacances offrent une occasion de récupération cognitive. Le cerveau reste actif pendant le repos, même si la nature des exigences auxquelles il doit répondre change. Lorsque la pression temporelle, la vigilance et la nécessité de répondre diminuent, la sollicitation continue de l’attention, de la mémoire et du fonctionnement exécutif se réduit.
Le détachement mental et son impact sur la récupération cognitive
La psychologie du travail définit la récupération comme le processus par lequel la tension générée par les exigences professionnelles diminue et les ressources sont restaurées. Une composante centrale de ce processus est le détachement psychologique, c’est-à-dire cesser d’effectuer des tâches professionnelles et, dans la mesure du possible, cesser également de ruminer à leur sujet. Une charge de travail élevée rend cette prise de distance mentale difficile, tandis que continuer à penser au travail pendant son temps libre est associé à une détresse accrue et à un bien-être moindre (Sonnentag et Fritz, 2015).
Pendant les vacances, le bien-être s’améliore généralement de manière notable et une partie de cet effet peut se maintenir plusieurs semaines. Le détachement psychologique et l’activité physique figurent parmi les expériences qui accompagnent le mieux la récupération. Il importe donc de disposer de jours libres avec des activités de loisirs, mais aussi de la manière dont ils sont vécus, de la marge de choix qu’ils offrent et de la possibilité qu’ils donnent de s’éloigner du travail (Grant, Buchanan et Shockley, 2025).
Cela permet de comprendre pourquoi consulter ses e-mails « juste un instant » peut empêcher un détachement profond. Un message ne prend que quelques minutes, mais son ouverture réactive le contexte professionnel. La tâche en attente, la décision à prendre et le sentiment de disponibilité reviennent. L’utilisation du téléphone pour travailler en dehors des horaires est associée à un conflit plus important entre vie personnelle et vie professionnelle, et la difficulté à se déconnecter semble expliquer une partie de cette relation. Comme une grande partie des données est transversale, ces résultats décrivent une association et offrent une base limitée pour établir une causalité (Blake et al., 2024).
Effets de la fatigue et du stress sur le plan cognitif et cérébral
L’expression « ne plus avoir d’énergie mentale » est une métaphore. La fatigue se manifeste par une moindre efficacité à maintenir l’effort, surtout lorsqu’une tâche exige une attention prolongée, l’inhibition des distractions, le maintien d’informations actives ou un changement de stratégie. Après une activité monotone et prolongée, les réponses peuvent être plus lentes, les omissions plus nombreuses et les signaux cérébraux compatibles avec une moindre disponibilité des ressources attentionnelles peuvent apparaître. La fatigue peut donc être observée dans l’expérience subjective, les performances et l’activité cérébrale (Guo et al., 2018).
Le stress ajoute une autre dimension. Le cortex préfrontal participe à la mémoire de travail, à la planification, à l’inhibition et aux comportements orientés vers un but. Une réponse intense au stress perturbe la signalisation neurochimique de ces réseaux et peut temporairement affaiblir le contrôle cognitif. Sous pression, il devient donc plus difficile de hiérarchiser, d’envisager des alternatives ou de freiner une réponse automatique (Arnsten, 2009). Une semaine difficile entraîne rarement une lésion cérébrale. L’élément important réside dans la sensibilité des performances cognitives à l’état physiologique et émotionnel.
Lorsque l’épuisement devient cliniquement significatif, les difficultés peuvent être plus étendues. Chez les personnes présentant un burnout , de légères ou modérées altérations de la mémoire épisodique, de la mémoire de travail, de la planification, de l’inhibition, de l’attention et de la vitesse de traitement ont été observées (Gavelin et al., 2022). Ces données aident à mesurer la fatigue persistante, mais elles ne permettent pas d’interpréter la fatigue habituelle de fin de saison comme un diagnostic.
Le cerveau au repos continue aussi de travailler
Le repos maintient le cerveau en activité. Lorsque l’attention cesse de se concentrer sur une demande externe, le réseau du mode par défaut, impliqué dans la mémoire autobiographique, la pensée autoréférentielle, la cognition sociale et la simulation du futur, prend davantage d’importance (Menon, 2023). Au cours d’une promenade tranquille ou d’un moment sans programme, des souvenirs, des liens et des idées peuvent émerger alors qu’ils restaient inaccessibles lorsqu’il fallait résoudre une tâche après l’autre. Il s’agit d’un mode différent de fonctionnement cérébral.
Le repos peut être inconfortable au début. Lorsque la routine habituelle est remplie de stimulations, ralentir laisse de la place aux pensées en suspens, aux préoccupations ou à l’ennui. Cette expérience peut pousser à prendre immédiatement son téléphone, à organiser une autre activité ou à revenir mentalement au travail. Accorder quelques minutes à cette transition permet à l’attention de quitter progressivement le mode de réponse constante. Marcher sans écouteurs, s’asseoir pour observer son environnement ou prendre un café sans consulter ses messages sont des manières simples de le pratiquer. Ces moments alternent l’attention dirigée vers l’extérieur avec des processus internes liés à la mémoire, à la réflexion personnelle et à l’imagination du futur, fonctions associées au réseau du mode par défaut (Menon, 2023).
De courtes périodes de repos éveillé peuvent également favoriser la consolidation de la mémoire. Après un apprentissage, quelques minutes de tranquillité donnent au cerveau le temps de stabiliser les informations récentes. Cet effet peut se prolonger plusieurs jours, même s’il varie selon le type d’apprentissage et le contexte (Dewar et al., 2012). Remplir chaque moment disponible de nouvelles stimulations réduit précisément cet espace de pause.
Le sommeil complète cette récupération. Pendant le sommeil, les traces mnésiques sont réactivées et réorganisées grâce à la coordination entre l’hippocampe et les régions corticales. Ce travail nocturne favorise l’intégration des apprentissages récents aux connaissances antérieures et leur transformation en représentations plus stables, tandis que le cerveau sélectionne les informations qui méritent d’être conservées. Ce processus facilite la récupération des acquis lorsqu’ils redeviennent nécessaires. Dormir fait partie de l’apprentissage et de l’équilibre cognitif du lendemain (Diekelmann et Born, 2010). Des vacances réparatrices favorisent une durée et une qualité de sommeil suffisantes, ainsi que des nuits éloignées de l’hyperactivité de la journée.

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Stratégies fondées sur les données pour un détachement professionnel efficace
Des limites professionnelles visibles
La première condition consiste à poser des limites visibles au travail. Avant de partir, il est utile de laisser un message d’absence, de convenir de la personne qui prendra en charge les urgences et de définir les situations qui justifieraient réellement un contact. Désactiver les notifications professionnelles ou retirer temporairement les applications de l’écran principal réduit les signaux qui réactivent les objectifs professionnels. Si le type de poste rend impossible une déconnexion complète, il est préférable de convenir d’un créneau de consultation précis et bref plutôt que de rester en alerte toute la journée.
Autonomie dans la gestion du temps
La deuxième condition consiste à retrouver de l’autonomie sur son temps. Le bien-être pendant les vacances augmente généralement rapidement et peut atteindre son maximum autour du huitième jour. Ce chiffre est indicatif et ne constitue jamais un délai universel. La détente, le plaisir, la capacité à savourer l’expérience, le contrôle de son temps et le sommeil sont associés à une meilleure récupération (de Bloom, Geurts et Kompier, 2013). Un programme de vacances saturé peut reproduire la même pression que l’on cherchait à laisser derrière soi.
Exercice physique et cognition
La troisième consiste à bouger sans transformer l’exercice en une obligation supplémentaire. Marcher, nager, faire du vélo ou pratiquer une activité agréable associe changement de contexte, régulation émotionnelle et stimulation physique. Les données accumulées établissent un lien entre l’ exercice et des bénéfices sur la cognition générale, la mémoire et les fonctions exécutives. Les effets sont généralement faibles ou modérés et varient selon l’âge et le type d’activité (Singh et al., 2025). Le mouvement peut faire partie du repos à une intensité agréable. La régularité et le plaisir sont plus durables que la recherche d’une performance maximale.
Activités de loisirs stimulantes
Enfin, il convient de laisser de la place au repos comme aux stimulations choisies par plaisir. Lire un roman, cuisiner une recette différente, s’orienter dans un nouvel endroit, jouer, discuter ou apprendre quelques mots d’une autre langue mobilise l’attention, la mémoire, le langage ou la planification sans la pression évaluative du travail. L’objectif consiste à modifier le rapport à l’effort mental. Une activité peut être cognitivement riche et, en même temps, réparatrice si elle est réalisée avec autonomie, curiosité et la possibilité de s’arrêter.
Syndrome post-vacances et gestion de l’augmentation de la charge cognitive
Après le détachement des vacances, le « syndrome post-vacances » apparaît souvent ; ce terme décrit l’apathie, l’irritabilité, la fatigue, une légère anxiété ou des difficultés de concentration lors du retour au travail. Il s’agit d’une expression courante, étrangère aux catégories diagnostiques spécifiques. Sa durée ne suit pas non plus un calendrier fixe. Le bien-être acquis pendant les vacances peut se maintenir plusieurs semaines ou revenir plus tôt aux niveaux antérieurs, selon la qualité du repos, le sommeil et les conditions de travail retrouvées (Grant et al., 2025; de Bloom et al., 2013).
Lors de la reprise de la routine, la demande cognitive augmente brusquement. Cette demande comprend le maintien de l’attention, le maintien d’informations actives, l’inhibition des distractions, l’alternance entre les tâches, la prise de décisions et l’organisation des actions futures. La charge cognitive apparaît lorsque ces exigences mobilisent les ressources mentales disponibles. Comme la mémoire de travail possède une capacité limitée, les e-mails en attente, les réunions, les messages et les priorités se disputent un espace réduit (Cowan, 2001). Dans le même temps, les fonctions exécutives doivent coordonner les informations à traiter, celles à écarter et le moment où changer de stratégie (Diamond, 2013).
C’est pourquoi la sensation de lenteur des premiers jours peut refléter un décalage temporaire entre la demande et les ressources disponibles. Chaque projet exige de retrouver les noms, les décisions antérieures, les délais et les prochaines étapes. Il faut également reconstruire la vue d’ensemble du travail et décider ce qui mérite une attention immédiate. Disposer d’un indice concret facilite la reprise d’une activité interrompue (Trafton et al., 2003). Laisser, avant le départ, une note brève sur l’état des projets réduit cette charge de reconstruction et libère de la mémoire de travail pour agir.
L’anticipation ajoute une charge avant même l’ouverture du premier e-mail. Imaginer une journée stressante peut être associé à de moins bonnes performances ultérieures de la mémoire de travail, même lorsque la journée s’avère plus supportable que prévu (Hyun, Sliwinski et Smyth, 2019). Durant les derniers jours de vacances, transformer les tâches en attente en une liste externe, brève et ordonnée évite de les maintenir mentalement actives et protège le repos.
Recommandations pour une reprise cognitivement durable : contrôle de l’attention et limitation du multitâche
Le premier jour, il est préférable de s’orienter avant de produire. Consulter le calendrier, lire la note de reprise et classer les tâches en « aujourd’hui », « cette semaine » et « plus tard » permet de construire une vue d’ensemble du travail.
La progression compte également. Commencer par une tâche connue et circonscrite, poursuivre avec des décisions de complexité moyenne et reporter les questions stratégiques les plus exigeantes réduit le saut de demande.
Limiter le multitâche est particulièrement utile durant cette phase. Passer d’une activité à l’autre oblige à abandonner une règle, à en activer une autre et à actualiser le contenu de la mémoire de travail. Chaque transition entraîne des coûts en temps et en précision qui s’accumulent au cours de la journée (Rubinstein, Meyer et Evans, 2001). Regrouper les e-mails sur des créneaux dédiés, désactiver les alertes superflues et réserver des plages sans réunions réduit la fragmentation de l’attention.
Les pauses contribuent également à réguler la charge. Les micro-pauses allant jusqu’à dix minutes peuvent réduire modestement la fatigue et accroître la vigueur, même si les tâches très exigeantes bénéficient généralement de pauses plus longues (Albulescu et al., 2022). Se lever, regarder au loin, respirer calmement ou marcher quelques minutes aide à interrompre l’accumulation de l’effort. Une pause est plus efficace lorsque la charge de travail est raisonnable et qu’elle permet ensuite de revenir à une priorité clairement définie.
Conclusions : le repos comme pilier de la performance et de la santé cognitive
Les vacances offrent une occasion nécessaire de restaurer le bien-être et les ressources cognitives. Le détachement du travail peut coexister avec une vie mentale, sociale et physiquement active. Lire pour le plaisir, découvrir un environnement, discuter, jouer, apprendre quelque chose de nouveau ou bouger maintient le cerveau stimulé dans l’autonomie et le plaisir. Le repos nécessite également des moments calmes, un sommeil suffisant et des espaces sans exigences.
Au retour, une progression structurée permet de retrouver le contexte professionnel sans saturer l’attention et la mémoire de travail. Hiérarchiser les priorités, réduire les interruptions, limiter le multitâche et préserver les pauses facilitent cette réadaptation. Si la détresse se prolonge plusieurs semaines ou affecte fortement le sommeil, les performances ou la vie personnelle, il convient de demander une évaluation professionnelle afin d’explorer d’autres difficultés possibles.
Bibliographie
- Albulescu, P., Macsinga, I., Rusu, A., Sulea, C., Bodnaru, A., y Tulbure, B. T. (2022). “Give me a break!” A systematic review and meta-analysis on the efficacy of micro-breaks for increasing well-being and performance. PLOS ONE, 17(8), e0272460. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0272460
- Arnsten, A. F. T. (2009). Stress signalling pathways that impair prefrontal cortex structure and function. Nature Reviews Neuroscience, 10(6), 410-422. https://doi.org/10.1038/nrn2648
- Blake, H., Hassard, J., Singh, J., y Teoh, K. (2024). Work-related smartphone use during off-job hours and work-life conflict: A scoping review. PLOS Digital Health, 3(7), e0000554. https://doi.org/10.1371/journal.pdig.0000554
- Bufano, P., Di Tecco, C., Fattori, A., Barnini, T., Comotti, A., Ciocan, C., Ferrari, L., Mastorci, F., Laurino, M., y Bonzini, M. (2024). The effects of work on cognitive functions: A systematic review. Frontiers in Psychology, 15, 1351625. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2024.1351625
- Cowan, N. (2001). The magical number 4 in short-term memory: A reconsideration of mental storage capacity. Behavioral and Brain Sciences, 24(1), 87-114. https://doi.org/10.1017/S0140525X01003922
- de Bloom, J., Geurts, S. A. E., y Kompier, M. A. J. (2013). Vacation (after-) effects on employee health and well-being, and the role of vacation activities, experiences and sleep. Journal of Happiness Studies, 14, 613-633. https://doi.org/10.1007/s10902-012-9345-3
- Dewar, M., Alber, J., Butler, C., Cowan, N., y Della Sala, S. (2012). Brief wakeful resting boosts new memories over the long term. Psychological Science, 23(9), 955-960. https://doi.org/10.1177/0956797612441220
- Diamond, A. (2013). Executive functions. Annual Review of Psychology, 64, 135-168. https://doi.org/10.1146/annurev-psych-113011-143750
- Diekelmann, S., y Born, J. (2010). The memory function of sleep. Nature Reviews Neuroscience, 11(2), 114-126. https://doi.org/10.1038/nrn2762
- Gavelin, H. M., Domellöf, M. E., Åström, E., Nelson, A., Launder, N. H., Stigsdotter Neely, A., y Lampit, A. (2022). Cognitive function in clinical burnout: A systematic review and meta-analysis. Work & Stress, 36(1), 86-104. https://doi.org/10.1080/02678373.2021.2002972
- Grant, R. S., Buchanan, B. E., y Shockley, K. M. (2025). I need a vacation: A meta-analysis of vacation and employee well-being. Journal of Applied Psychology, 110(7), 887-905. https://doi.org/10.1037/apl0001262
- Guo, Z., Chen, R., Liu, X., Zhao, G., Zheng, Y., Gong, M., y Zhang, J. (2018). The impairing effects of mental fatigue on response inhibition: An ERP study. PLOS ONE, 13(6), e0198206. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0198206
- Hyun, J., Sliwinski, M. J., y Smyth, J. M. (2019). Waking up on the wrong side of the bed: The effects of stress anticipation on working memory in daily life. The Journals of Gerontology: Series B, 74(1), 38-46. https://doi.org/10.1093/geronb/gby042
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- Rubinstein, J. S., Meyer, D. E., y Evans, J. E. (2001). Executive control of cognitive processes in task switching. Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, 27(4), 763-797. https://doi.org/10.1037/0096-1523.27.4.763
- Singh, B., Bennett, H., Miatke, A., Dumuid, D., Curtis, R., Ferguson, T., et al. (2025). Effectiveness of exercise for improving cognition, memory and executive function: A systematic umbrella review and meta-meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 59(12), 866-876. https://doi.org/10.1136/bjsports-2024-108589
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- Trafton, J. G., Altmann, E. M., Brock, D. P., y Mintz, F. E. (2003). Preparing to resume an interrupted task: Effects of prospective goal encoding and retrospective rehearsal. International Journal of Human-Computer Studies, 58(5), 583-603. https://doi.org/10.1016/S1071-5819(03)00023-5
Questions fréquentes sur la fatigue mentale et le retour au travail
1. Quel impact le stress professionnel continu a-t-il sur les fonctions exécutives ?
Un stress professionnel intense perturbe la signalisation neurochimique du cortex préfrontal et affecte le contrôle cognitif. Il se traduit par une moindre capacité à hiérarchiser les priorités, à maintenir les informations actives en mémoire de travail, à inhiber les réponses automatiques et à changer de stratégie face à des exigences complexes.
2. Comment le réseau du mode par défaut (DMN) agit-il pendant le repos cognitif ?
Lorsque les exigences d’une attention dirigée vers des stimuli externes diminuent, l’activité du réseau du mode par défaut (DMN) augmente. Ce réseau sous-tend des processus internes tels que la mémoire autobiographique, la cognition sociale, la simulation du futur et la consolidation des nouvelles connaissances.
3. Quelles altérations cognitives sont cliniquement associées au burnout ?
Chez les personnes présentant un épuisement professionnel ou un burnout, de légères ou modérées altérations sont observées dans des domaines clés : mémoire épisodique, mémoire de travail, vitesse de traitement, attention soutenue, planification et inhibition.
4. Pourquoi le multitâche augmente-t-il la fatigue mentale lors de la reprise du travail ?
Passer d’une tâche à l’autre oblige le cerveau à désactiver un ensemble de règles cognitives pour en activer un autre et actualiser le contenu de la mémoire de travail. Ce processus de commutation entraîne des coûts en temps et en précision qui augmentent la charge cognitive au cours de la journée de travail.
5. Combien de temps durent les effets positifs du repos sur les performances et le bien-être ?
L’augmentation du bien-être atteint généralement son niveau optimal autour du huitième jour de repos et ses bénéfices peuvent se prolonger plusieurs semaines. Toutefois, la persistance de ces effets dépend étroitement de la qualité du sommeil, du détachement psychologique obtenu et du niveau d’exigence auquel on revient.







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